Les Monuments de Grigny
Le Manoir

 


Niché au fond d'un vaste parc de quelque deux cents arbres, ce manoir du XIXème siècle, jadis appelé Les Petites Cazardes, présente un exemple d'architecture atypique dans notre région.

Au XXème siècle, ce lieu devint un restaurant, puis, en 1979, la ville de Grigny en devint propriétaire. Aujourd'hui, le bâtiment principal accueille des bureaux et une résidence d'auteurs où des écrivains viennent séjourner afin de profiter de ce lieu envoûtant pour trouver leur inspiration.

Une statue égyptienne placée à l'entrée du parc est couverte de signes rappelant des hiéroglyphes bien qu'elle ait été coulée dans la région. Elle témoigne de l'intérêt que certains passionnés portèrent à l'Égypte au XIXème siècle, pays dans lequel le maître des lieux de l'époque séjourna. Au milieu du parc, des canards s'affairent dans une pièce d'eau, pendant que des oies promènent leurs petits sous les arbres centenaires.

La splendeur de ce lieu réside dans les diverses variétés botaniques qui s'y épanouissent et certains le décrivent comme la reproduction miniature du parc de la Tête d'Or à Lyon.



Le Nymphée

 


Qu'est-ce qu'un Nymphée ? C'est un lieu (des grottes naturelles ou artificielles dans l'Antiquité) dont les murs étaient munis de niches où trônaient des statuettes de divinités ou même de petits temples, et de fontaines où l'eau coulait à flot, grâce à une source toujours proche. D'origine grecque, c'est surtout sous l'empire romain que les nymphées se sont multipliés et ont pris un caractère monumental, avec une riche décoration.

Le site était donc propice à la rêverie, à la méditation ou aux discussions entre amis.

Directement inspirée des nymphées de l'époque gallo-romaine, la construction grignerote, du XVIIème siècle faisait partie intégrante du Château, actuel Hôtel de Ville.

En effet, les Lyonnais tenaient ce goût de l'ornementation des jardins directement des Italiens, dont l'influence artistique était très forte à cette époque, en région lyonnaise.

Le Nymphée comporte en son centre, un bassin à ciel ouvert de 8 m x 4,3 m. Un petit cloître dont la couverture est supportée par des arcades de gneiss (roche constituée d'alternances de lits de mica, de quartz et de feldspath) du pays, entoure ce bassin sur les côtés ouest, nord, est.
Il est agrémenté de niches ayant dues contenir des statues et dans lesquelles débouchent des orifices de jets d'eau.

L'alimentation en eau de cet édifice était assurée par un aqueduc souterrain. Lorsque la galerie était encore accessible, un homme pouvait aisément se tenir debout. Elle conduisait à un mur de retenue derrière lequel une importante réserve d'eau était accumulée. Il fallait plusieurs jours pour vidanger ce barrage, alimenté par une source située à une centaine de mètres du Nymphée.
Mais, il est surtout connu à Grigny sous le nom de "lavoir", sa dernière utilisation dès le XIXème siècle, avant qu'il ne soit à l'abandon depuis de nombreuses années.



Les Souterrains

 



   


Aucune allusion n'a été rencontrée dans les documents anciens. Au vue de cette absence, seules des hypothèses peuvent être envisagées.

Le Seigneur du lieu détenant la justice haute et basse devait donc posséder des prisons. C'est la destination la plus plausible de ces constructions qui semblent contemporaines du Château (vers 1630). Il s'agirait donc, en fait, de cellules souterraines, communément appelées "souterrains".

Ils sont composés de neuf loges. L'entrée principale par la rue du 11 novembre ouvre sur une sorte de hall où une rampe en pente douce remplaçant un escalier conduit au premier niveau. Là, on débouche sur un "vestibule", où dans le mur nord est creusé un puits, à sec pendant l'été. Il ouvre sur un couloir desservant les neuf loges ou cellules au plafond voûté.

La première nommée "Salle des Gardes", d'après la tradition orale a été autrefois ornée de tissu et de boiseries. Elle est éclairée par trois fenêtres cintrées. Les trois cellules suivantes n'en possèdent quant à elles qu'une seule, tandis que les cinq dernières sont simplement éclairées par d'étroites ouvertures ébrasées.

Par ailleurs, il existe une autre entrée, directement au premier niveau, par des escaliers descendant de l'extrémité sud de la terrasse du Château.