Les Industries de Grigny
Les Chapelleries


L’industrie chapelière de Grigny devient suffisamment abondante pour ouvrir en 1759

« LA MANUFACTURE ROYALE DE CHAPELLERIE ANGLAISE »

Les difficultés rencontrées à l’époque par l’exploitation du vignoble verront naître une main d’œuvre disponible qui s’orientera progressivement vers le type industriel.

La chapellerie marquera un tournant décisif dans notre histoire locale.

La Manufacture compte alors plus de 100 employés et fabrique des chapeaux de feutre.
Des ateliers familiaux vont alors se développer.

Les chapeaux sont transportés à Lyon par voie d’eau jusqu’en Décembre 1827 puis par chemin de fer.
En 1859, la chapellerie est la principale industrie au Bourg et occupe 600 ouvriers répartis dans 30 à 35 petites ou grandes fabriques pour une population de 1690 habitants.

Malgré sa renommée, la chapellerie de Grigny disparaîtra car patrons et ouvriers n’accepteront pas la venue de machines.

En 1914, de jeunes patrons sans connaissance en chapellerie, ouvriront puis fermeront leurs fabriques sous la performance et la notoriété grandissante de Chazelles S/ Lyon.

La dernière chapellerie fermera ses portes en 1932 et seul Jean SELLIER Maître Chapelier travaillera uniquement pour Chazelles jusqu’en 1943.

Les chapeaux de feutre sont fabriqués avec du poil de lièvre et de lapin provenant de Russie, de Belgique, d’Allemagne ou d’Autriche.

Différents styles de fabrication : chapeaux melons, de prêtres, bretons, bicornes, tricornes, shakos, hauts de formes, casquettes, militaires, préfets, gendarmerie et bien d’autres encore.

Grigny naguère… « Petite cité chapelière de grand renom »

Les Faïenceries


Sous la Restauration, notre industrie céramique française se doit de rattraper un grand retard des techniques dû à notre isolement en Europe depuis la Révolution.

Situé sur la voie navigable du Rhône, au débouché du canal de Rive du Gier, par où transitait le charbon , le site de Grigny sera choisi par les frères DECAËN, associés à DEJUSSIEU, pour y bâtir une usine moderne de production de « Porcelaines opaques », à la façon anglaise.(1829) Un projet de chemin de fer de Saint -Etienne à Lyon est en phase de construction...

Influencées par le Saint Simonisme, de nouvelles méthodes de travail seront appliquées à une activité depuis toujours artisanale. La division des tâches simples et sans grande formation, se maintiendra à Grigny jusqu'à la fermeture des usines. Les prix de revient baisseront considérablement en fonction de la grande productivité, des prix bas du charbon et de la main-d'oeuvre.
Les derniers potiers traditionnels de Ban à Givors, seront condamnés à la fermeture de leurs établissements à caractère familial, vers1914.

Après la dernière guerre, dans les trois manufactures, encore en activité, toutes les tentatives de cuisson aux fours électriques échoueront. (Délocalisations ou modernisations entre 1951 et 1960)



Première usine: ARBORAS (Arboras 1)


1829 DECAEN Frères

1837 DECAEN Frères & Cie. Construction de la 2 ème usine.

1843 Liquidation et reprise par Femme Emile DECAEN

1875 Direct. PRECIEUX L'Ainé à - 1880. Faïenc. de Givors?

1890 Pâtes alimentaires « Bertrand & Cie

Caractéristiques : première fabrication au charbon de terre. Le coke est produit sur place. Platerie en blanc, puis, premiers décors « imprimés » à l'oxyde de cuivre, parfois rehaussés de polychromie, suivront les décors mains polychromes et imprimés.

Pâtes dites phosphatées. Porcelaine opaque, terre à pipe... Les pièces rondes sont tournassées.



Les Faïenceries


Deuxième usine: GRIGNY ou « Arboras 2 » (Grigny-Badan)


1837 Construction d'une nouvelle usine (face à la première, Le Versailles des faïenceries) par les frères Decaen.

1838 DECAEN Frères & Cie (démarrage de la 2 ème usines)

1843 Liquidation. Reprise par le banquier ARDOIN,( La direction est assurée par MITTENHOFF), puis gestion assurée par son gendre: MOTTE Alexandre.

1855 DUREAULT, MOTTE & Cie modernisation

1882 TARDY, MOTTE & Cie

1890 MONIN officialisation de la succession. La découverte de Vanadium dans le Kaolin de ses carrières, modifiera l'intitulé de l'usine: Société Anonyme des Faïenceries, produits Chimiques et Métallurgiques de Grigny.

1900 Direction par Charles Steinegger. Liquidation en 1912

1922 Rachat de l'usine par des porcelainiers de Vierzon: LABRUT Frères. Faïencerie du Rhône.

1938 assoc. avec des transfuges Tchèques. RHODONIA

1942 Départ des Tchèques. Compagnie d'Application des Céramiques Labrut & Cie.

1944 Bombardements

1946 Dommages importants par Incendie.

1951 Délocalisation pour Thonon les Bains. (électricité)

1953 Faillite.

Caractéristiques : Mêmes caractéristiques des productions que dans l'usine précédente. Faïences dites « TERRE DE FEU » à partir de Tardy Motte et Cie, Porélite et My-porcelaine avec Labrut .



Les Faïenceries


Troisième usine: PRECIEUX (les Arboras)


1856 Fondation par Eustache Camille Jules Précieux d'une manufacture de porcelaines à feu. (grès blanc)

1869 Victor Précieux, dit « Paul », puis sa veuve.

1920 Reprise de l'établissement par E. Rolland et Durand de Solaize.

1928 L'établissement tombe aux mains de Bouillat qui s'associe avec Blanc.

1944 Destruction par les bombardements.

1958 Electrification des cuissons, apparition de la porcelaine translucide.

1960 Fin des activités. Reprise d'une partie des productions à cuisson à l'électricité à Saint Uze. Fin 1962.

Caractéristiques : Production au moule de plâtre avec coulée de barbotine. Les produits « PRECIEUX » sont à l'usage des particuliers, des établissements collectifs, des congrégations et des professionnels des métiers de bouche. La mémoire collective locale a oublié ces produits très répandus il y a peu...



Les Faïenceries


Quatrième usine: BOUTRAS


1896 Transformation de l'usine à grès Pelletier, en faïencerie, par Vital Bory & Cie

1898 Soc. Anonyme. « FAIENCERIE LYONNAISE » durée statutaire de 16 ans. Fin:1912.

1920 Reprise d'activité sous l'appellation « FAIENCERIE NOUVELLE DE GIVORS.

1956 Abandon du trop grand four au charbon. Modernisation - électrification des cuissons. La production ne porte pas d'identification. L'appellation « ARDY » est estampillée peu avant la fermeture. La marque n'a pas été enregistrée.

1958 Malgrè ses 1800 M2 d'installations, 250 ouvriers, l'usine ferme ses portes.